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Les lettres d’Objectif Solidarité

Lettre de Septembre/Octobre/Novembre/Décembre 2010

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« Le borgne n’a qu’un œil mais il pleure quand même. »
(sagesse africaine)

 

LE PAVAGE DE L’ENFER : l’aide alimentaire et les nouvelles semences
par Dominique Rouquette

Mise en place à la suite de situations d’urgence, l’aide alimentaire massive peut-elle causer des effets contraires au développement des populations dans les zones sahéliennes de l’Afrique de l’Ouest comme le Nord du Bénin ou le Burkina-Faso ? Je crois que cette question iconoclaste vaut le coup d’être posée dans le cadre de notre réflexion.

Avant de tenter de répondre à cette question, rappelons le contexte dans lequel intervient cette aide massive.

Dans les pays sahéliens, le secteur primaire est prédominant. L’agriculture, pratiquée majoritairement sur de petites parcelles et sans moyens mécaniques, est d’abord vivrière et d’auto subsistance. Seuls les surplus des récoltes peuvent par leurs reventes donner lieu à quelques disponibilités financières pour les agriculteurs. À elles seules, ces données expliquent la faiblesse du revenu brut par habitant : 380 € en moyenne par habitant et par an au Bénin, donc plutôt 200 € pour les paysans du nord du pays…

Le secteur secondaire de transformation est souvent inexistant. Le secteur tertiaire est dominé par une fonction publique importante, débouché quasi unique des diplômés, et les activités de revente.

Dans un tel contexte, que se passe-t-il réellement lorsque survient une aide alimentaire massive sous forme de sacs de céréales (riz, maïs ou blé) de 50 kilos marqués aux sigles de l’Europe ou des États-Unis ?

Les difficultés du repérage des situations les plus critiques et la « régularité » de ces opérations depuis 50 ans dans les zones du Sahel aboutissent à une distribution « égalitaire » par grandes zones plutôt que ciblée. Parfois l’aide alimentaire n’aboutit pas ou trop tardivement dans les zones vraiment touchées par la disette…

Dans les zones de moindre besoin de l’aide, les sacs de céréales sont d’abord stockés. On assiste à une chute de la vente (et des prix de vente) des céréales traditionnelles. Les producteurs locaux sont donc les premiers touchés. En fait, l’arrivée de denrées de bonne qualité et à coût zéro crée une situation de concurrence déloyale très décourageante pour les agriculteurs : pourquoi s’échiner à continuer de cultiver les céréales locales ?

N’oublions pas que ces denrées « recyclées » par l’aide alimentaire sont aussi des excédents de production provoqués par des systèmes de soutien et de subventions aux céréaliers de nos pays développés afin de maintenir un secteur primaire agricole dans nos campagnes. Ainsi, sous couvert d’aide humanitaire mais en distribuant ces denrées qui souvent ne correspondent pas aux habitudes alimentaires et aux productions locales, l’aide alimentaire est un « cheval de Troie » pour l’ouverture de nouveaux marchés. La substitution opérée augmente d’autant la paupérisation des agriculteurs locaux.

Parallèlement, afin de lutter contre la famine, les chercheurs des pays occidentaux travaillent à mettre au point des semences présentant une meilleure résistance aux maladies, un moindre besoin en eau et un meilleur rendement à l’hectare. Ces raisons semblent favorables aux producteurs. Cependant ces semences sont la plupart du temps rendues stériles afin de permettre aux laboratoires qui les ont conçues d’en conserver la propriété et donc la rente annuelle. En fait, ce sont les pays avancés (sud des États-Unis, Canada) ou à développement intermédiaire (pays d’Amérique du Sud, Inde ou Chine) qui sont les mieux à même d’en tirer tous les avantages. Leurs structures mécanisées, latifundiaires ou collectives, permettent une utilisation à grande échelle et une augmentation du rendement. L’accroissement de la production qui s’ensuit provoque, sauf augmentation supérieure de la consommation, une baisse tendancielle des prix de vente dont souffriront avant tout les petits producteurs.

Comme le dit le proverbe, l’enfer est pavé de bonnes intentions…

 

ÇA SE PASSE LA-BAS-----------------------------

DÉPARTS D’INTERLOCUTEURS IMPORTANTS

Les pères des Missions africaines Michel Loiret et Michel Guichard, nos deux interlocuteurs « historiques » au Bénin, sont rentrés définitivement en France durant le printemps 2010 après avoir mené une action remarquable dans les paroisses dont ils avaient la charge et qui sont reprises par le clergé béninois. Rappelons que c’est à la suite de deux voyages au nord du Bénin à Copargo pour rendre visite à Michel Loiret et soutenir son action de développement qu’Objectif Solidarité a été créée en septembre 2005.

Sur la zone de Copargo, Objectif Solidarité a soutenu financièrement par l’intermédiaire de Michel Loiret et l’association locale « Solidarité-Tanéka-Bénin » : le creusement de 3 puits, la construction d’un château d’eau et, pendant 3 ans, les études des 60 écoliers de l’internat de Tchoutchou. Objectif Solidarité continue de soutenir dans cette zone les tournées de pesées dans 14 villages en partenariat direct avec les sœurs du dispensaire de Pabégou.

Sur la zone de Bougou, le partenariat avec Michel Guichard a permis à Objectif Solidarité de financer : le creusement de 8 puits, la création et la reprise par l’État de 6 écoles villageoises et, pendant 2 ans, le soutien aux études des écolières de l’internat de Bougou.

C’est donc une page importante qui se tourne et une autre qui s’ouvre avec de nouveaux interlocuteurs avec lesquels nous espérons tisser des relations aussi constructives, confiantes et solidaires.

DES NOUVELLES DES PUITS

Ayant effectué un voyage au Bénin début 2010, deux adhérents, Anne Costantin et Michel Descan, sont passés voir les puits financés par Objectif Solidarité. Rappelons que trois puits ont été financés cette année dans la région de Bougou : Poussouloute, Katoulanga et Bodi Tchirima.


Pose de la buse à Katoulanga (photo Anne Costantin)

LE BUDGET DES TOURNÉES DE PESÉES EN 2009

Voici la synthèse des informations comptables adressés par Sœur Nicole du dispensaire de Pabégou pour les tournées de pesées des bébés dans la région de Pabégou-Copargo en 2009. Tout d’abord, le budget total s’est élevé à 1.268.000 CFA, soit 1924 €.

Les recettes sont issues à hauteur de 250 € des cotisations des femmes et de la vente de médicaments pour les enfants, et à hauteur de 1674 € de la subvention d’équilibre d’Objectif Solidarité.

Démonstration de cuisine enrichie pour la santé des petits enfants en retard de poids

Les postes de dépenses ont été les salaires des animatrices et du traducteur (470.000 F CFA = 713 €), les déplacements (434.000 F CFA = 658 €), la fête annuelle des mamans et des bébés (264.000 F CFA = 400 €) et les produits de démonstrations, médicaments et papeterie (100.000 F CFA = 152 €).

 

ÇA SE PASSE ICI -------------------------------

SENSIBILISATION DES COLLÉGIENS
par les collégiens eux-mêmes

Nous vous avions parlé dans la dernière lettre d’Objectif Solidarité des rencontres de Dominique et Pascale avec les collégiens d’une classe de 6ème au collège Joffre de Montpellier. Avec leur enseignante de français, les élèves ont par la suite inventé un conte, qu’ils ont présenté à des CM2. Voici le témoignage des élèves :

Le jeudi 8 avril 2010 au matin, nous, les élèves de la 602, avons présenté au C.D.I. du collège Joffre de Montpellier, un conte africain devant des élèves de CM2 de l’école Jean Moulin et leurs professeurs…. Ce conte a été créé grâce à l’aide de Monsieur et Madame Rouquette qui nous ont présenté des photos du Bénin et deux contes. À partir de là, en cours de français, la classe a inventé l’histoire de Moussa. C’est l’histoire d’un jeune homme africain qui vit seul avec son père. Pour sauver le chef du village, Moussa a pour mission de trouver un remède à base d’une fleur rare. En récompense, il pourra épouser la fille du chef. En chemin, il lui arrive beaucoup d’aventures. Dès que le jeune homme est en danger, il chante pour se rassurer. C’est nous qui chantions des chansons apprises avec notre professeur de musique. Ce jour-là, certains d’entre nous étaient tendus, d’autres décontractés ; chacun prenait la parole à tour de rôle devant un public attentif. A la fin, tous ont applaudi ; quelques-uns ont posé des questions.

AG 2010

60 adhérents étaient présents ou représentés à l’AG du 5 juin. Les rapports ont tous été approuvés. Des échanges intéressants ont eu lieu entre les participants, échanges qui se sont prolongés dans la soirée autour d’un repas convivial.

 

ET PUIS ---------------------------------------
N’hésitez pas à nous transmettre vos questions, remarques et encouragements, par courrier : Objectif Solidarité 1 Rue du Serf AMALBERT 34090 MONTPELLIER, ou par mail : objectifsolidarite club-internet.fr

 

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