Proverbe Wolof
UN PETIT MOT D’ACTUALITÉ
par Pascale Rouquette, secrétaire d’Objectif Solidarité
ÇA SE PASSE LA-BAS-----------------------------
DES NOUVELLES DES ÉCOLES ET DES PUITS (Bénin)
Par Michel Guichard
Tchimangou est un village déjà ancien, peuplé de Kabiès venant du Togo et installés depuis plusieurs générations, de Kotokolis et de Peuls sédentarisés. Il y a deux chefs traditionnels, appelés aussi rois, un pour les Kabiès et les Kotokolis, un autre pour les Peuls. L’ouverture de l’école par les parents du village, avec l’appui d’Objectif Solidarité, puis sa reprise par l’état, ont été des événements déterminants dans la prise de conscience des villageois issus des différentes ethnies d’appartenir à la même région et de pouvoir mieux vivre ensemble.
Le puits est venu apporter un "plus" considérable. S’il a été extrêmement difficile pour les villageois de réunir leur contribution de 100 000 francs CFA (150 euros), par contre, la mobilisation a ensuite été générale, sans distinction ethnique, pour le ramassage du sable, la recherche des cailloux et leur cassage, ainsi que le manœuvrage. à chacun de mes passages, j’ai été très étonné. Aujourd’hui, l’eau du puits est abondante. à 100 mètres de l’école, la soixantaine d’élèves peuvent en profiter abondamment. Le puits est un point de ralliement pour toutes les femmes de la région. Les infirmiers de la région auront moins de travail, et les mamans un peu moins de soucis pour leur bébé.
La région de Gando demandait à cor et à cris une école et un puits. Tout se ligue contre les habitants de cette région essentiellement agricole. Diversité ethnique : Kabiès et Peuls - cohabitation pacifique, mais sans expérience d’un projet réalisé ensemble. éloignement géographique, à plus de cinq kilomètres du premier village dont ils dépendent administrativement et qui est peuplé de Kouras. Le choix de l’implantation de l’école villageoise n’a pu se faire qu’à la suite de longues palabres. Trouver un consensus pour une population à l’habitat dispersé n’était pas une mince affaire. Heureusement, l’école a été elle aussi reprise en charge par l’état en octobre 2008 grâce à l’appui d’Objectif Solidarité. Avec l’école et ses soixante élèves, le village a désormais un centre. Depuis le début de l’année, cette école en secteur défavorisé a été choisie pour bénéficier d’une cantine scolaire. Ce qui favorise la régularité des élèves.
Le puits est arrivé à point nommé pour donner encore plus d’importance au lieu choisi pour l’implantation de l’école. La récolte de la participation financière a été difficile. Mais l’investissement pour le ramassage du sable et des cailloux et le manœuvrage a été sans faille. Le forage a été ardu. Le premier emplacement choisi à proximité immédiate de l’école a dû être abandonné. La roche sans fissure, rencontrée à trois mètres de profondeur, n’était pas dynamitable. Les "sourciers" ont trouvé un autre emplacement, un peu plus loin de l’école. Les trois mètres de roches ont pu être dynamités, non sans mal.
L’eau sous la roche est particulièrement abondante. C’est une immense joie à la suite de tous les déboires rencontrés. Aujourd’hui tous les habitants se retrouvent là chaque matin et chaque soir, et profitent de tous les bienfaits qu’apporte l’eau potable. Merci à Objectif Solidarité.
Les 2 puits creusés en 2009 ont bénéficié des fonds récoltés auprès des donateurs d’Objectif Solidarité, du soutien du Conseil Général de l’Hérault pour le puits de Tchimangou (1.800 euros), et du mécénat de la société ORALYS pour le puits de Gando (3.500 euros). Les villageois leur transmettent leurs remerciements très chaleureux !
UN NOUVEAU PARTENAIRE : le CERCLE de Ouagadougou (Burkina Faso)
| Le CERCLE (Centre d’études et de réflexion pour Collégiens, Lycéens et étudiants) a été créé par des Pères Jésuites en 1985. Cette structure de soutien scolaire accueille un millier d’élèves. Elle leur offre des moyens de travail (locaux calmes, bibliothèques, électricité), organise des formations (cours d’appui, initiation à l’informatique, méthodologie) et propose des activités culturelles, spirituelles, sportives ainsi que des lieux d’échange et différentes activités de formation humaine.
Objectif Solidarité a décidé d’entamer une relation de partenariat avec le CERCLE, dont l’action correspond à des actions déjà soutenues par l’association. Après signature d’une convention, un soutien financier de 2.450 euros sera apporté afin d’alléger le coût du soutien scolaire des 135 élèves de Terminale suivis par le CERCLE. |
LES INONDATIONS A OUAGADOUGOU (Burkina Faso)
Par Nzanzu KAPITULA et Marie Paule COULIBALY
La pluie diluvienne qui s’est abattue sur Ouagadougou, le mardi 1er septembre 2009, a causé beaucoup de dommages matériels et humains. En 12 heures, la ville a reçu le 1/3 de la quantité d’eau annuelle. Les nuages n’ont pas été portés par des vents, ils étaient comme stationnaires. Par conséquent, les maisons en matériau fragile comme le banco (fait avec de l’argile) ont absorbé l’eau qui ne s’évacuait pas. Les habitants en sont sortis à la nage, d’autres avec de l’eau jusqu’à la poitrine. Ces eaux débordant des barrages et s’évacuant difficilement ont causé l’effondrement des maisons, engloutissant biens et effets des populations. Les maisons des zones non-loties sont les plus sinistrées car il n’y a pas dans ces zones de système de canalisation (64% des sinistrés).
Plus de 37 000 maisons se sont effondrées sous la pression de l’eau et à cause du banco qui redevenait de la boue en quelques dizaines de minutes. Plusieurs infrastructures routières ont été endommagées, des ponts cassés, des véhicules emportés… Selon les estimations établies le 16 septembre, plus de 95 000 personnes ont perdu leur maison et leurs biens et sont accueillies dans des sites officiels (écoles essentiellement – or la rentrée est prévue le 1er octobre) ou dans des familles. Plus de 80% des sinistrés sont des personnes à faible revenu. On déplore aussi 8 pertes en vie humaine.
La situation est d’autant plus préoccupante que, dans leur majorité, les sinistrés ont perdu tous leurs documents fonciers dans l’inondation. Ceux qui ne détenaient aucun de titre de propriété vivaient dans des habitations anarchiques : c’est une pratique populaire dans la ville de Ouagadougou pour acquérir un titre foncier de la municipalité. Celle-ci n’admettra pas la reconstruction dans les zones inondables. Mais les sinistrés ne semblent pas accepter une éventuelle délocalisation. Ils souhaitent rester dans leur quartier où ils ont déjà tissé un réseau de relations, où ils travaillent et où leurs enfants fréquentent un établissement scolaire. Le plus affligeant pour les sinistrés est que ceux qui étaient en location seront les plus pénalisés. Car s’il y a une éventuelle aide à la reconstruction, ce seront les propriétaires de maisons qui en seront les premiers bénéficiaires et non les locataires victimes eux aussi du sinistre. Avec la destruction des maisons et la perte des dossiers, le problème foncier suscite déjà des mécontentements. Il est très difficile de savoir à qui appartiennent les ruines (les restes des maisons sont devenus des tas de boue). Se pose donc avec acuité la question du relogement.
Au niveau alimentaire, la majeure partie des sinistrés a tout perdu. Les eaux diluviennes ont emporté leurs vivres, leurs biens et même leur argent. L’appel d’urgence international et la solidarité nationale ont permis aux ONG et à l’organisation caritative des églises d’apporter l’aide alimentaire dans les sites officiels. Cependant, force est de remarquer que l’aide ne permet pas d’assurer une alimentation équilibrée et adéquate. Ce qui occasionne des plaintes et des indigestions (surtout chez les enfants) : certaines céréales, par exemple les lentilles, ne font pas partie des habitudes alimentaires de cette population ; pour d’autres, le riz ne constitue pas l’aliment de base. De ce fait, les cuisinières qui sont les femmes sinistrées ne maîtrisent pas souvent le mode de préparation de ces denrées.
Au niveau sanitaire , dans les quartiers sinistrés, les problèmes de santé se posent. Les latrines sont inondées. Les autorités sanitaires craignent le choléra, une épidémie qui se répand facilement pendant la saison des pluies. Les sites d’urgence (les écoles) ne sont pas adaptés à héberger des personnes. La promiscuité et le manque d’hygiène, dû notamment aux habitudes de certains à satisfaire leurs besoins en pleine nature surtout de nuit, augmentent le risque des maladies. La situation sanitaire dans les sites est pratiquement couverte au niveau des consultations médicales grâce au déploiement des agents de santé du District et de l’appui apporté par la Croix Rouge et de Médecins sans Frontière. Mais l’ampleur des besoins dépasse leurs moyens. La difficulté réside dans le manque de certains médicaments concernant des affections comme les otites, les diarrhées, les dermatoses et pour faire les pansements et surtout pour ceux qui souffraient auparavant d’une maladie chronique ; en l’absence de médicaments, les patients retournent avec des ordonnances qu’ils n’arrivent pas à honorer dans la plupart des cas.
Au niveau moral et psychologique , des témoignages recueillis sur les sites font état de personnes perturbées pendant le sommeil qui se mettent à crier. Beaucoup se sentent diminués dans leur dignité humaine et s’opposent à l’idée d’aller vivre sous des tentes. Un sinistré du 3ème âge a refusé de dormir dans les salles de classe et, malgré la dissuasion de ses proches, est allé vivre au milieu des décombres de sa maison disant : « Je préfère mourir ici que d’aller vivre ailleurs. »
ÇA SE PASSE ICI -------------------------------
EXPOSITION DE L’EAU à LA BOUCHE Cette exposition avait été organisée en 2008-2009 par Objectif Solidarité au CHU Arnaud de Villeneuve. Elle sera présentée de nouveau les 18 et 19 novembre prochains par le Conseil Général de l’Hérault, qui pour la troisième année consécutive participe au financement des puits. L’exposition se tiendra au théâtre d’O à Montpellier.
ET PUIS ---------------------------------------
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