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Les lettres d’Objectif Solidarité

Lettre de Juillet/Août 2007

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« Celui qui a planté un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement »
(proverbe béninois)

 

UN PETIT MOT
de Pascale ROUQUETTE (secrétaire d’Objectif Solidarité)

Oui, chacun peut agir, à son niveau.
Là-bas, nos partenaires africains nous présentent des projets et les mettent en oeuvre. Ici, le Conseil d’administration agit, les parrains s’engagent financièrement, les adhérents soutiennent et les sympathisants s’intéressent.
Chacun de ces maillons est indispensable pour que la chaîne de la solidarité existe. Chacun de ces maillons est dépendant des autres.
Merci à chacun d’être là.
Merci à ceux qui découvrent, qui posent des questions : c’est un vivier.
Merci à ceux qui décident d’adhérer : plus nous serons nombreux et plus nous serons crédibles pour obtenir des fonds auprès des collectivités publiques et des sponsors privés (5.200 euros déjà récoltés à ce titre en 2007).
Merci à ceux qui décident de verser régulièrement 15 euros chaque mois : plus nous serons nombreux et plus il y aura de chances d’améliorer un tout petit peu le quotidien là-bas.
Il ne nous manque plus que 9 parrains pour que 40 petites filles très pauvres de 6 à 10 ans puissent continuer leur scolarité à la rentrée de septembre 2007 (voir infra).
Il ne nous manque plus que 8 parrains pour qu’un puits par an soit construit, avec la participation des villageois.
Si vous décidez de nous aider à agir plus, vous trouverez le bulletin d’adhésion et de soutien des actions sur le site www.objectif-solidarite.org.
Et la chaîne de la solidarité sera plus longue et plus solide !

 

çA SE PASSE ICI

L’ACTIVITE PENDANT LA PERIODE ESTIVALE
Par Dominique ROUQUETTE

Après 1 voyage d’évaluation Bénin de 15 jours en février, 4 réunions du conseil d’administration, 1 assemblée générale extraordinaire et 1 assemblée générale ordinaire, une rencontre amicale au domaine de Lavalette, l’équipe d’Objectif Solidarité prend ses quartiers d’été. L’été, c’est l’occasion de lire (je vous recommande « passeurs d’espoirs » de Marie-Hélène et Laurent de Cherisey, Pocket n° 13079), de se rencontrer les uns et les autres, avec plusieurs prises de contact informelles mais enrichissantes.
L’été, c’est l’occasion de parler d’Objectif Solidarité à de nouvelles personnes !

 

çA SE PASSE LA-BAS

L’INTERNAT DES ECOLIèRES DE BOUGOU
par Michel Guichard

L’internat des écolières de Bougou a ouvert ses portes en octobre 2006. Il est tenu par des religieuses. Elles sont secondées par deux monitrices et deux cuisinières. Il a accueilli durant l’année scolaire 2005-2006 cinquante-cinq filles de 5 à 7 ans qui ont fréquenté les écoles publiques de Bougou dans les classes du cours d’initiation et du cours élémentaire. Les résultats de cette première année sont prometteurs.

Pourquoi le Diocèse de Djougou, aidé par une ONG italienne, a-t-il voulu mettre en place un internat qui puisse progressivement accueillir un effectif de cent cinquante filles ? La raison première est le retard considérable de la scolarisation des filles dans la région.
Ainsi on voudrait offrir aux parents la possibilité de donner à leurs filles les meilleures conditions pour faire une scolarité sérieuse dans un climat de bonne éducation, sans qu’elles soient coupées de leur milieu. L’excellente collaboration avec le corps enseignant, le soutien scolaire dans le cadre des travaux de maison et l’aide personnalisée sont des atouts importants qui permettent aux filles de progresser dans de bonnes conditions.

Il faut ajouter une autre raison très importante. L’aide apportée aux familles voudrait s’adresser en priorité à celles qui habitent dans les villages les plus reculés et qui ne disposent pas de moyens considérables. Le type d’éducation qui est donnée à ces filles doit avoir avec le temps des répercussions sur le développement de la zone.

La participation qui a été demandée aux parents pour cette première année a consisté à donner un sac de céréales et une somme de 10 000 F CFA (15 €). Les responsables de l’internat se sont vite aperçus que le fonctionnement de l’internat n’était pas possible dans de telles conditions. Ils se sont donc résignés à augmenter la participation financière à 50 000 F CFA (60 €) par enfant. Tout compris, frais d’hébergement, de restauration, de scolarisation, de soins...
Je ne pense pas qu’il y ait d’autres internats dans le pays qui demandent une participation aussi faible. Mais pour la plupart des paysans de la région, il s’agit là d’une petite fortune qui leur pose des problèmes impossibles. C’est la raison qui m’a poussé à en parler à Objectif Solidarité. Je sais très bien que, de toute façon, l’internat se remplira sans difficulté aucune. Mais ce serait désespérant de constater que les filles de la région d’origine modeste pour qui l’internat a été prioritairement destiné en soient absentes.

CIRCULATION DANS LA ZONE DE NIKKI (Nord-Est du Bénin)
par Isidro MUNOZ, prêtre (traduit de l’espagnol par Marie ROUQUETTE)

Suite des aventures d’Isidro parues dans la lettre d’Objectif Solidarité de juin. Parti pour Tikandu, Isidro prend un prétendu raccourci, qui va lui offrir bien des surprises !

... Je ne sais pas s’il s’est fatigué de me voir ou de voir que les autres me soutenaient dans ce que je disais, mais il a demandé un morceau de papier et un stylo. Sur le papier, un peu plus petit que la moitié de la main, il a écrit qui j’étais, d’où je venais, où j’allais, avec l’intention que je montre ce papier aux autres policiers et contrôles de douanes qui m’arrêteraient. J’ai pris congé d’eux tous en les remerciant pour m’avoir aidé à sortir de ce pétrin.

Au poste de contrôle suivant, j’ai demandé à des jeunes la direction à prendre pour aller à Nikki, et ils m’ont indiqué. J’ai alors compris que je n’étais pas à Tikandu mais à Tikanda, qui est un village frontalier avec Tikandu et qui appartient au Nigeria. J’étais donc arrivé au Nigeria sans le savoir, sans passeport ni visa, ni rien de rien !

Aux trois postes de contrôles suivants et avec l’aide de quelqu’un qui parlait français, j’ai pu leur faire comprendre qui j’étais et tout le reste. De plus je leur ai montré le papier que m’avait donné l’homme, et je ne sais pas si ce papier a vraiment servi mais ils m’ont laissé passer. Il ne me estait plus qu’à passer le dernier contrôle, la dernière barrière. L’homme ne parlait rien de rien de français, et moi rien de rien d’anglais. Lui, à la fin, m’a dit avec des gestes faciles à comprendre, que je range la moto dans une salle de la douane et qu’il allait me mettre des menottes et m’enfermer. J’étais tranquille et je me demandais juste comment je pouvais, si tout se passait comme il l’avait dit, lui demander qu’il me laisse un téléphone pour que je prévienne la paroisse, qu’ils ne s’inquiètent pas.

Peu après est arrivé un taxi qui venait de Nikki et qui allait à Tikanda car c’était le jour du marché dans ce village. Ils ont vu la situation et je leur ai expliqué ce qu’il se passait, ils ont donc parlé avec l’homme et essayé de le convaincre de me laisser partir, mais l’autre ne voulait rien savoir. Ensuite il a dit au chauffeur et à un passager que s’ils lui donnaient 2 000 francs CFA (3 €) il me laissait partir. Le chauffeur m’a rapporté ce que voulait celui de la douane et m’a dit : tu me donnes 1 000 francs et j’arrange tout. Je lui ai donné l’argent et ils ont convaincu le type qu’il me laisse partir pour 1 000 francs. Tout s’est réglé pour 1 000 francs.

J’ai passé le contrôle et me suis dirigé vers la frontière béninoise. Là-bas j’ai expliqué mon histoire, et celui du contrôle m’a laissé passer sans aucun problème, en ajoutant qu’il me connaissait. Nous avons parlé un bon moment puis je lui ai dit au revoir et j’ai pris le chemin de Nikki.

 

ET TOUJOURS
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Lettre de Juillet/Août 2007