
« Tout ce qui n’est pas donné est perdu. »
Tradition orale arabe
UN PETIT MOT
de Pascale Rouquette, secrétaire d’Objectif Solidarité
D’après le troisième baromètre de l’Agence Française de Développement et de l’IFOP, 69% des sondés (5% de plus qu’en 2007) estiment que les montants attribués à l’aide publique au développement doivent être maintenus malgré les restrictions budgétaires. 98% des sondés considèrent que l’accès à l’eau potable et le suivi des programmes de santé publique sont des priorités. Ces chiffres nous confortent dans le choix des actions soutenues par l’association et dont cette lettre se veut le porte-parole : financement de puits, tournées de pesées, exposition annuelle sur l’eau… Et en ces temps de crise, l’assemblée générale d’Objectif Solidarité, dont vous pouvez d’ores et déjà noter la date (28 février 2009), sera pour vous l’occasion de continuer à manifester un soutien à la fois essentiel et significatif.
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Le puits de Banigri est terminé !
Son financement (3.500 €) a été assuré par vos dons et par une subvention du Conseil Général de l’Hérault (1.200 €).
Michel Guichard, notre partenaire à Bougou, nous raconte comment cela s’est passé… :
« Ma première visite dans le village de Banigri date d’à peine un an. Un ami venait d’y être nommé Directeur de l’école primaire et je lui avais promis de lui rendre visite sans tarder. Il me fait l’honneur de son école. Ensuite nous rendons visite aux notables, en commençant par le roi du village, comme il se doit. Chemin faisant, je constate que le village souffre d’un cruel besoin en eau potable.
Pour une population qui peut être estimée à près de 500 habitants, il n’y a que huit puits familiaux. En fin de saison sèche, seul celui qui est creusé dans la concession du roi ne tarit pas. Les femmes sont alors obligées d’aller chercher l’eau dans des trous creusés dans les marigots. Une eau qui me donnait la chair de poule en la voyant. J’avoue que je n’ai jamais rencontré de village de cette importance aussi dépourvu en eau. Le fait que l’on accède à ce village enclavé par 15 kilomètres d’une piste impossible et qu’il soit situé à 45 km de son arrondissement, est peut-être une des causes de cette situation déplorable.
Lors de ma deuxième visite, devant l’ensemble du village rassemblé, j’ai pu faire la proposition d’un puits à grand diamètre. Cela était possible avec la participation du village de Banigri tout entier, ainsi que celle d’un groupe d’amis appelé Objectif Solidarité. J’ai ensuite expliqué en détail quelle serait leur participation. Dans un premier temps, la cotisation d’une somme de 100.000 francs CFA, le ramassage du sable et du gravier. Pendant les travaux du creusement, six jeunes auraient à se relayer chaque jour pour les travaux de manœuvre, les femmes apporteraient de l’eau, les familles logeraient et nourriraient les puisatiers. Les applaudissements qui ont conclu ma présentation du projet m’ont convaincu que le village était partie prenante. Je leur ai alors demandé de constituer un comité de personnes compétentes qui aurait une lourde responsabilité : organiser la participation du village aux travaux de creusement et par la suite assurer la propreté et le fonctionnement correct du puits.
Nulle part ailleurs, je n’ai rencontré un tel enthousiasme. Un enthousiasme qui s’est rapidement concrétisé puisqu’au marché qui a suivi notre rencontre à Banigri, une délégation du village est venue m’apporter la somme en question. Du jamais vu. C’est ainsi que, sans attendre, tout s’est mis en route, sans rencontrer de problème majeur. Il a fallu procéder à un dynamitage pour percer la roche. Au dessous la nappe d’eau était abondante, à quatorze mètres du sol. A ma grande surprise, ils n’ont pas voulu commencer à utiliser l’eau du puits
avant que je n’arrive moi-même pour puiser avec eux le premier saut. Je me suis donc exécuté, sachant bien que ce geste de remerciement était adressé en tout premier lieu à tous les membres d’Objectif Solidarité.
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Les Ecoles Villageoises sont reprises par l’Etat béninois !
Là aussi, Michel Guichard raconte… :
A mon arrivée à Bougou, en octobre 2005, au cours de mes premières visites dans les villages, grande a été ma surprise de découvrir des écoles villageoises dans des coins reculés. Des écoles nées sur la seule initiative des cultivateurs de la région. Des effectifs allant de trente à quarante élèves. Une initiative qui a demandé beaucoup de conviction et de concertation de la part des habitants de ces petits hameaux éloignés des centres. Bâtir une salle de classe, embaucher un enseignant, lui assurer une allocation mensuelle, recruter des élèves, faire fonctionner une école, voilà qui n’est pas une mince affaire pour des gens non-scolarisés.
J’avoue mon étonnement et mon admiration, un signe que les choses évoluent et que les gens découvrent les bienfaits de l’école, comme facteur d’intégration à la vie moderne : « Nous ne voulons plus que nos enfants vivent comme nous-mêmes nous avons vécu ! Nous avons trop souffert. Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. On ne fait pas pousser le riz avec les pluies d’autrefois. »
C’est ainsi qu’ils s’étaient lancés dans l’aventure, en espérant que ces écoles puissent être rapidement intégrées au Service Public de l’Enseignement Primaire. Mais voilà que la réalité n’était pas aussi étincelante. Plusieurs années étaient passées, sans que ces écoles n’aient pu remplir les conditions exigées pour être intégrées au Service Public. En fait plusieurs d’entre elles étaient dans un état pitoyable, inhabitables en période de pluies et démunies de tout, sans tables-bancs pour les élèves. Avec des enseignants découragés qui doivent attendre des mois avant de recevoir une maigre allocation des villageois de 10.000 frs CFA (15,25 €), payable en liquide, en produits vivriers, ou encore en travaux effectués dans leur champ.
L’enthousiasme qui avait présidé à la naissance de ces écoles avait disparu en beaucoup de ces villages ; les vieilles rivalités ethniques avaient tendance à réapparaître, surtout au moment des cotisations pour le salaire du maître.
Avec Objectif Solidarité, nous avons ébauché les grandes lignes d’un projet, avec comme premier souci de laisser l’entière responsabilité aux parents d’élèves, d’aller à leur rythme et de les soutenir pour qu’ils puissent enfin réaliser leur objectif.
Dans six villages, grâce au financement de la société Prodexia, sponsor d’Objectif Solidarité, et aux donateurs de l’association, de nouveaux bâtiments ont été construits par les habitants, les classes ont pu être meublées et un complément de salaire a été assuré aux enseignants. Et le 13 septembre, j’ai appris que les six écoles étaient prises en charge par l’Etat. La joie des parents est immense. Le combat qu’ils ont mené cette année n’a pas été vain. J’avais l’habitude de leur dire : Aussi magnifique soit-il, il ne s’agit que d’un premier pas. Beaucoup d’autres restent à faire et dans tous les domaines. Le premier n’est-il pas le plus difficile à faire ? Objectif-Solidarité n’y est pas pour rien.
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Des nouvelles des tournées de pesée à Pabégou
Sœur Irénée BANKOLE, responsable au centre de santé et de renutrition de Pabégou des tournées de pesées des bébés soutenues financièrement par Objectif Solidarité, nous a adressé le bilan 2007-2008.
14 villages ont été visités mensuellement de novembre 2007 à avril 2008. Outre les pesées et certains soins, ces tournées ont été l’occasion de délivrer des conseils théoriques et pratiques de prévention et d’hygiène.
Ainsi, après un exposé sur la nutrition (les 3 groupes d’aliments), les femmes ont-elles appris à cuisiner la première bouillie d’un bébé de quatre mois, à base de sorgho grillé mélangé avec de la pâte d’arachide grillée bien conservée, de la poudre de baobab, un jaune d’œuf naturel, un demi morceau du sucre et une pincée du sel en cas de diarrhée pour la réhydratation.
Lors d’une autre rencontre, les femmes ont découvert, grâce à une boite à images, les inconvénients des médicaments achetés chez les ambulants ou dans les marchés, puis les bienfaits de ceux d’une pharmacie reconnue comme telle, après recours à un centre de santé (avec ordonnance).
Avant la saison des pluies, une seconde boîte à images a permis d’expliquer les précautions à prendre pour éviter le paludisme.
Et toujours, à la fin des rencontres, tout le monde se met à danser et à chanter, des bols de riz chaud sur la tête, ou des bébés dans les bras ! Merci nos amis d’Objectif Solidarité !
çA SE PASSE ICI -------------------------------
L’Assemblée Générale Ordinaire 2009 aura lieu le samedi 28 février 2009 à 18 h au 1 rue du Serf Amalbert, 34090 Montpellier.
Bientôt quatre ans que l’aventure d’Objectif Solidarité a commencé ! L’Assemblée Générale 2009 et la soirée amicale qui suivra seront l’opportunité de nous retrouver, de faire le point et d’envisager les suites de cette aventure commune. Voici le programme :
| 17H00 - 18H00 |
Temps d’échange avec les adhérents à propos des actions soutenues |
| 18H00 - 19H00 |
Assemblée Générale Ordinaire 2009 (ordre du jour) :
1 - rapport moral et rapport d’activité 2008 présentés par le président : pour vote
2 - comptes de l’exercice clos 2008 présentés par le trésorier : pour vote du quitus
3 - projet d’activité et budget prévisionnel 2009 présentés par le président : pour vote
4 - renouvellement par moitié du Conseil d’Administration : pour vote
5 – questions diverses |
| 19H30 - 22H00 |
Repas gratuit sur inscription : nous serons heureux de partager ce moment convivial avec vous. Merci de nous envoyer un mail pour que nous puissions prévoir le nombre de convives |
Exposition : "De l’eau à la bouche : les enjeux de l’accès à l’eau potable au nord du Bénin"
Ce témoignage en photos d’Objectif Solidarité a pour but de financer un nouveau puits à Tchimangou. L’exposition a lieu du samedi 20 décembre 2008 au dimanche 18 janvier 2009 dans le hall de l’Hôpital Arnaud de Villeneuve à Montpellier. Le vernissage est prévu le mardi 6 janvier 2009 à 12 h. L’entrée est libre.
ET PUIS ---------------------------------------
N’hésitez pas à nous transmettre vos questions, remarques, encouragements... par le mèl : objectifsolidarite club-internet.fr
Télécharger la lettre au format .pdf :

- Lettre de Décembre 2008 et Janvier/Février 2009