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Soutien à la santé

Données et regard d’une mère sur la santé des enfants

Quelle est la situation sanitaire des enfants au Bénin ?
D’après les statistiques de l’OMS pour le Bénin, 16 % des enfants meurent avant l’âge de 5 ans et les retards sévères de croissance physiques et psychiques concernent 11 % des enfants. Ces moyennes nationales s’avèrent plus graves pour le Nord.

Les tournées de pesées vues par une maman d’un village isolé
« Je m’appelle Aminata. J’ai 28 ans. J’ai eu huit enfants. Cinq sont vivants. Le village où j’habite est à 12 kilomètres du goudron par une piste défoncée et à 16 kilomètres du dispensaire. Pour y aller, il faut marcher 5 heures. Quand un enfant est malade, plutôt que de le porter avec la chaleur et la poussière, on préfère attendre de voir s’il va guérir ou aller voir le guérisseur. C’est comme ça que j’ai perdu plusieurs enfants après qu’ils aient eu la fièvre ou la diarrhée. Et parmi ceux qui me restent, un enfant a mal grandi à partir de 6 mois. Je ne sais pas s’il poura travailler ou apprendre à l’école.
« Ma cousine m’a dit que depuis un an, trois agents de santé du dispensaire viennent chaque mois dans leur village en taxis-motos. Elles s’appellent Fatoumata, Safia et Thérèse. Les femmes les accueillent par des chants et des danses car elles sont honorées qu’on vienne d’aussi loin les visiter.
« Fatoumata demande comment ça s’est passé depuis un mois, si les enfants ont été malades, s’ils mangent bien, s’ils n’ont pas été piqués par les moustiques. Safia suspend la balance de l’UNICEF. Les femmes ont élu une responsable qui garde les livrets de santé des enfants entre chaque visite. La responsable appelle chaque maman avec son bébé et grâce aux harnais que les mamans ont confectionnés, on pèse les enfants. Fatoumata indique le poids à Thérèse qui regarde sur le carnet si l’enfant a pris du poids. A la fin de la pesée, Fatoumata et Thérèse donnent des conseils pour faire de bons plats pour les bébés avec ce que nous pouvons récolter ici ou acheter facilement au marché. Les femmes approuvent et applaudissent.
« Si un enfant n’a pas pris de poids, elles donnent des conseils à la maman ou elles l’emmènent avec son bébé sur le taxi-moto jusqu’au dispensaire. A chaque fois, elles emmènent au moins une maman qui revient quelques jours plus tard avec son bébé en bonne santé.
« Dans mon village, on voudrait bien que les agents de santé puissent venir pour aider les enfants à bien grandir. »

Tournée de prévention sanitaire

Comment permettre les tournées de pesées et de prévention ?
Une tournée pour 10 villages nécessite le recrutement de deux femmes sachant lire et écrire. Elles sont ensuite formées durant un mois à Djougou, le chef lieu du département. Ensuite, les visites les occupent 10 jours par mois (elles conservent leurs autres activités). Elles louent les taxis-motos pour arriver jusque dans le village. Elles ne soignent pas, sauf en cas d’urgence, mais elles font la pesée des enfants pour suivre leur croissance grâce à la carte pondérale. Elles en profitent pour expliquer pourquoi un enfant maigrit (a-t-il eu la diarrhée ou de la fièvre ?) et pour détecter les maladies (paludisme, grippe, rougeole, kwashiorkor).
Les dépenses de mise en route (formation initiale des agents de santé, matériel) sont prises en charge par le dispensaire. Mais les dépenses de fonctionnement pour la tournée mensuelle de 10 villages (salaires des agents, déplacements, médicaments de première urgence et suppléments nutritionnels…) représentent un montant annuel de 2.965 €. Cette somme est réunie grâce au soutien de 16 donateurs versant chaque mois 15 €, par prélèvement automatique.