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Soutien aux études

Bilan de l’appui aux écoles villageoises de la zone de Bougou (Bénin)

La scolarisation des enfants connaît de grands retards dans la région de Bougou à cause de la grande diversité ethnique et donc des langues, la pauvreté des terres à cultiver, l’habitat dispersé et les difficultés de circulation en saison des pluies, en raison de l’absence de pont pour franchir les marigots.

Nombreux sont les parents qui cherchent à relever le défi. Dans plusieurs villages, ils ont pris eux-mêmes l’initiative de lancer une école villageoise et ont engagé un jeune homme en qualité d’instituteur. Leur objectif était de tout faire pour que l’Etat puisse la prendre en charge. Mais ils rencontraient de grandes difficultés pour la faire fonctionner dans la durée, notamment en ce qui regarde l’allocation mensuelle de l’instituteur. Ils avaient en outre beaucoup de peine à répondre aux critères imposés par l’Etat et qui ouvrent la voie à sa prise en charge :
-  disposer d’un domaine scolaire de 6 hectares
-  atteindre un effectif d’élèves inscrits de soixante
-  avoir une salle de classe avec son mobilier
-  être situé dans un lieu où il n’y a pas d’école publique toute proche.

<center>Ecole de Madjatom</center>Le projet a donc consisté à faciliter la reprise de ces écoles par l’Etat pour le bien des enfants habitant les zones défavorisées. Il a donc consisté en un appui aux parents d’élèves pour que leur école puisse fonctionner dans de meilleures conditions et qu’elle puisse entrer sans tarder dans le cadre de l’enseignement primaire béninois. Les écoles villageoises concernées par ce projet étaient au nombre de six. Les quatre premières fonctionnaient déjà depuis plusieurs années : Madjatom, Tchimangou, Ataba et Witchitchi. Les trois suivantes étaient en période de lancement et ont ouvert leurs portes à la rentrée d’octobre 2007 : Gando Kpassali et Tchiliman.

A l’origine du projet, il semblait que les écoles villageoises allaient évoluer dans deux directions : la majorité d’entre elles seraient intégrées à l’enseignement public, les autres, en raison d’un effectif trop faible ou de la proximité d’une autre école publique, resteraient des écoles villageoises, mais permettraient la scolarisation des tous petits (cours d’initiation et cours préparatoire) qui, devenus plus grands (cours élémentaire), pourraient intégrer à l’école publique la plus proche.

Le projet d’appui aux écoles villageoises était en cohérence avec les orientations de l’Etat béninois qui essaie par tous les moyens de promouvoir la scolarisation dans le pays et qui avait promulgué la gratuité de l’école primaire à tous les enfants du Bénin à la fin 2006, tout en sachant qu’il faudrait du temps avant que l’application en soit effective.

Ce projet a donc touché plus de 300 enfants habitant des zones défavorisées. Il s’est inscrit en appui à une initiative qui venait de la base. Ceci était d’autant plus remarquable que l’engouement constaté chez les parents à vouloir faire scolariser leurs enfants est un phénomène relativement nouveau dans le milieu rural de la région. Il favorise en outre la cohésion entre des différentes ethnies vivant dans un même secteur. Tout cela est un signe positif d’évolution des mentalités L’encourager ne peut que contribuer à promouvoir un développement durable.

L’une des particularités majeure de ce projet était qu’il venait en appui à une initiative mises en place par les parents d’élèves eux-mêmes dans plusieurs villages. Il ne cherchait en aucune manière à prendre l’initiative à leur place ; il accompagnait la leur. Il importait donc de prévoir une certaine flexibilité dans la réalisation des objectifs pour s’adapter au rythme de chaque association de parents d’élèves et à la particularité de chaque école. La durée du projet était de deux ans renouvelables une seule fois, puisque le but était la prise en charge des écoles par l’Etat.

Ce qui a donc été prévu et réalisé était que les parents d’élèves prennent en charge la main d’œuvre pour la construction d’une salle de classe correspondant aux exigences, le fonctionnement de l’école, l’hébergement de l’instituteur, et une partie de l’allocation de l’instituteur (essentiellement en nature). De son côté, Objectif Solidarité s’est engagé à financer le projet pour permettre d’une part le cimentage des 6 écoles construites ainsi que leur équipement en tables et en bancs (5.000 euros), et d’autre part à compléter les allocations mensuels des instituteur (1.000 euros par an).

Le succès de ce projet est total puisque les 6 écoles ont été construites et équipées durant l’année scolaire 2007 - 2008. Cerise sur le gâteau, l’Etat béninois les a toutes intégrées dès la rentrée 2008.

Au nom des enfants scolarisés dans de bien meilleures conditions et de leurs parents, nous tenons à remercier particulièrement PRODEXIA, dont le mécénat a permis l’équipement et le des écoles, ainsi que les donateurs qui ont soutenu ce projet.

Michel Guichard et Dominique Rouquette